Incipit

N’ayant pas été très brillant dans ma scolarité, je regardais souvent par la fenêtre. J’ai appris la photographie de façon autodidacte.

 

Comme la plupart des amateurs, j’ai commencé la photographie sans trop me poser de questions. Mon premier salaire, (je devais avoir 21 ans), servit à acheter un  reflex 24x36 Fujica avec un 50 mm. Ce devait être l’un des moins cher en 1977.

 

Ce que je savais, c’est que je voulais photographier le monde qui m’entourait. Je n’avais aucune culture photographique, ne connaissant même pas Robert Doisneau. Je savais également que je voulais aller jusqu’au bout du processus. (C’est-à-dire, développer et tirer mes films noir et blanc).

 

Comme tous, au début je montrais mes photos à mon entourage, famille, amis. Qui pour la plupart me disait « c’est bien ». Je doutais de leur sincérité et me suis inscrit dans un club-photo pour me confronter à un autre public que j’espérais plus averti. J’y découvris la photo des autres et celles des photographes qui ont fait son histoire, August Sander, André Kertész, Jean-Loup Sieff, William Klein… somme toute très classique.

 

L’accueil de mes photos fut assez favorable et j’en tirais une certaine fierté. Ce qui m’amena à réaliser ma première exposition personnelle sur des paysages et paysans des Cévennes, ma ferme du Garet en quelque sorte.

 

Je pratiquais rarement la photo de famille, sauf s’il y avait une « commande » de ma sœur pour mes neveux ou le mariage d’un ami.

 

J’attachais peu d’importance à la technique, bien que devant l’apprendre, notamment pour les tirages agrandis d’exposition. De plus, n’ayant qu’un 50 mm, la technique se bornait à mettre une pellicule d’une certaine sensibilité et d’harmoniser le couple diaphragme/vitesse pour obtenir une bonne exposition du film à la lumière existante. M’attachant plus sur ce que la photo peut véhiculer comme sensations, sentiments ; un portrait expressif, un paysage baigné d’une lumière, la forme d’un corps féminin offrant sa sensualité. La composition, le cadrage était ma première exigence.

 

Avec la pratique, les contacts au photo-club, ma curiosité, ma passion s’est vu grandissante. Je me rendais aux expositions, j’achetais des livres de photographes et ainsi développais mon regard. Pour le photo-club je faisais partager et tenter de transmettre ma passion en organisant des stages ou ateliers, photo de nu, paysage, portrait studio ou extérieur. Le décès d’un collègue arrêta les activités du club-photo et mis en vieille ma photographie.

 

A la fin des années quatre vingt, un travail administratif à l’école des Beaux-Arts m’ouvrit d’autres perspectives sur la photographie. La rencontre avec quelques artistes enseignants, ou intervenants développa chez moi des questionnements sur ma pratique et sur ce qu’est la photographie.

 

Depuis 5 ans environ je me suis mis au numérique, mais ne trouvais rien de bon dans mes prises de vues, ne sachant plus voir en noir et blanc. J’ai adhéré à cette même période à objectif image Montpellier. Faisant partager encore ma passion en proposant des ateliers, avec une expérience un peu plus accrue du domaine photographique, toujours animé par ma passion.

 

Jean-Michel Verdan

10 décembre 2010-12-10

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